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Sulawesi
La patrie des marins

Voyage à Sulawesi

Durée conseillée

De 4 à 10 jours pour découvrir le pays Toraja et/ou le pays Bugis

Accessibilité

Depuis tous les grands aéroports de l’archipel indonésien

Points Forts

  • Une culture Toraja encore bien vivante
  • De superbes villages traditionnels
  • Une grande diversité de paysages
voyage Sulawsei maison Toraja

Points Faibles

  • Des temps de trajet pouvant s’avérer importants en certaines occasions

Sulawesi, également appelée les Célèbes, est une grande île découpée en forme de K, encore peu touristique et qui offre un excellent terrain d’exploration pour ceux qui apprécient « l’aventure ». On peut y ressentir des ambiances exotiques au possible, et se sentir très souvent arrivé au « bout du monde ».

Les circuits Bali Authentique à Sulawesi se limitent aujourd’hui à la branche sud-ouest du K, constituée essentiellement des Pays Toraja et Bugis. Afin de limiter au mieux les temps de trajet journaliers en voiture, nous recommandons d’accorder un minimum de huit nuits pour la découverte de Sulawesi-Sud dans de bonnes conditions. Ceux qui ne veulent visiter que le Pays Toraja devraient consacrer à cette extension au moins quatre nuits.

voyage Sulawesi Toraja

Le Pays Toraja

Un monde à part, fascinant, aux traditions très vivantes et hautes en couleur. Les cérémonies funéraires et ses exceptionnelles opportunités de randonnées en moyenne montagne sont les atouts de cette destination.

Retiré dans les montagnes de la province sud de Sulawesi, à huit heures de route de l’aéroport d’Ujung Pandang (appelé aussi Makassar), le pays Toraja ne cesse d’intriguer les voyageurs en quête de cultures exotiques. Si dans les années 90 cette région avait le vent en poupe jusqu’à accueillir le tourisme de masse, aujourd’hui les excès d’hier sont passés et l’on s’y retrouve désormais en petit comité.

Cette destination a la chance d’être immensément photogénique de par ses paysages de montagne et ses cimetières spectaculaires où des effigies mortuaires, accrochées à des falaises, bénissent leurs descendants en tendant la main en avant. Ce qui est généralement caché dans la majorité des civilisations ne l’est pas ici, les crânes, les os humains font partie du paysage, et de la vie.

La particularité de la culture Toraja c’est d’être passé du mégalithique (culte des pierres) et de l’animisme, au protestantisme, presque d’un seul trait, au début du siècle, après avoir toujours repoussé les autres influences religieuses et culturelles répandues dans l’archipel indonésien, le bouddhisme et l’hindouisme (du 6e au 15e siècles), et l’islam (à partir du 14e siècle). Pas d’offrandes de fleurs comme à Bali ou à Java, pas de musique lancinante ou de transe comme dans la plupart des régions d’Indonésie, et on y mange le porc avec passion. La recherche de la douceur de vivre n’est pas une priorité, c’est le respect de la structure sociale, très hiérarchisée, l’accumulation de biens, en l’occurrence des buffles, qui domine la pensée. Plus ici qu’ailleurs l’on vit pour mourir. Plus ici qu’ailleurs il n’est PAS vain de courir après les richesses matérielles car on les emportera au ciel, au paradis Toraja.
Le climat est rude, l’eau du bain froide, les visages sont burinés par le vent et les basses températures nocturnes. Surlignée par le protestantisme hollandais, la vie est chose sérieuse et les frivolités artistiques ou humaines fortement découragées. L’ambiance est monacale malgré la nature, belle et joyeuse. Peut-être faut-il comprendre que l’altitude, cette impression de toucher les nuages, en est une raison importante. Peut-être aussi que l’économie, peu prospère, ne soutient pas les extravagances. L’argent au Pays Toraja est cherché ailleurs, à Jakarta, Surabaya et en-dehors des limites de l’Indonésie, et les nouvelles maisons traditionnelles, aussi chères qu’imposantes, sont construites par les nouveaux riches ayant trouvé fortune loin de leur terre d’origine. Et ce n’est pas pour y vivre, la plupart des Toraja installés ailleurs ne reviendront qu’à l’occasion de grandes festivités familiales, et un jour, si possible, pour y recevoir les honneurs de funérailles traditionnelles.

La société Toraja, et cela encore de nos jours, est basée sur un système de classes très rigide. Au bas de l’échelle, ce sont les “esclaves”, encore appelés ainsi aujourd’hui, même s’ils ne sont plus des esclaves, cet asservissement extrême allant contre la constitution indonésienne. S’ils participent aux cérémonies funéraires ce sera toujours pour participer aux besognes avec interdiction de s’asseoir aux places réservées aux vrais invités. Et si de nombreux “esclaves” réussissent matériellement cela ne leur servira pas au village, où ils seront immanquablement remis à leur place.

Parmi les Toraja quittant pour toujours leur terre natale, il n’est pas étonnant que les “esclaves” forment le plus important contingent. Plus haut on retrouve trois classes dominantes avec de subtiles différences (grands chefs, petits chefs…) qui plongent leurs racines au temps où arrivèrent les Toraja en bateau en longeant la rivière jusqu’à la région d’Enrekang, au sud du Pays Toraja, Enrekang signifiant littéralement en langage toraja : le débarquement.

Les arrivants se sont en effet partagé le territoire sur des bases hiérarchiques semble-t-il préexistantes. La population d’origine établie sur les limites du Pays Toraja d’aujourd’hui ne vivait alors encore que de chasse et de cueillette et aurait, pour remercier les arrivants de leur transmettre leur science agricole, accepté de les considérer comme leurs maîtres. Cela est une interprétation communément admise mais d’autres existent également. L’origine la plus lointaine des Toraja serait l’Indochine, et ils auraient cherché une région ressemblant à celle qu’ils avaient quitté. Mais là encore ce ne sont que des suppositions. L’histoire du peuple Toraja est pleine de mystères.

Au Pays Toraja ce qui frappe en premier lieu ce sont ces étranges maisons traditionnelles appelées “Tongkonan” aux toits en forme de bateau. C’est ainsi que la population se rappellerait de leurs ancêtres venus en bateau et dont la coque, portée par des pilotis aurait été le premier moyen de se protéger des pluies et du soleil. Ce sont également ces puissants buffles partout présents et choyés, et cette coutume insolite : on ne s’en sert pas comme animal de trait. Les buffles sont trop importants pour prendre le risque de les fatiguer et de les voir malades, ce sont les êtres humains qui poussent la charrue (traditionnellement le rôle des esclaves bien entendu). Ce qui frappe encore c’est le relief, calcaire, aux formes souvent aiguës, et le ciel qui semble très bas, et qui se reflète dans les vastes étendues de rizières. Et puis ce sont aussi les églises, présence un peu irréelle dans cet univers coutumier replié sur lui-même.

L’intérêt premier du Pays Toraja reste le trekking, car c’est la vie rurale, l’ambiance, le pittoresque des villages qui fait le vrai charme de la destination. Ils s’effectuent sur deux ou trois jours en dormant chez l’habitant dans des conditions très sommaires. Seuls de bons randonneurs habitués à des conditions de confort minimalistes sont éligibles pour ce genre d’aventure, pour les autres l’expérience pourrait s’avérer pénible.

Bateau Bugis design

Le pays Bugis

Tout à fait à l’écart du tourisme de masse, il permet de prendre complètement le large. Maisons sur pilotis, plages de sable blanc fabuleuses, voiliers sublimes, un décor de romans d’aventure qui nous fait remonter au temps des grandes épopées marines…

On rencontre des communautés Bugis, originaires du sud de Sulawesi, sur toutes les côtes de l’archipel indonésien y compris à Bali, par exemple à Singaraja et sur la presqu’île de Serangan, mais aussi, et cela depuis plus de 2000 ans, à des milliers de kilomètres de leur terre ancestrale. Par exemple en Malaisie où elles ont intégré les dynasties royales, en Australie, et plus surprenant encore, à Madagascar, vierge à leur arrivée de toute présence humaine, où elles se sont progressivement réfugiées sur les hauts-plateaux après l’arrivée des Africains noirs, et où, retournés à la paysannerie, elles ont la particularité de produire aujourd’hui du foie gras avec des recettes héritées de l’ancienne présence française.

Les ancêtres des Bugis s’implantèrent vers 1500 avant Jésus-Christ autour du lac Tempe, réservoir d’eau qui permettait la culture du riz toute l’année. C’est l’instabilité politique qui, au cours des siècles, poussa une partie des Bugis à la mer pour chercher une nouvelle vie. Le sud de Sulawesi a en effet longtemps été le siège de nombreux petits états, essentiellement Bugis et Makassar, mais aussi Konjo, Mandar et Kajang. Ces peuples avaient une réputation de guerriers redoutables de part leur histoire tourmentée qui les vit maintes fois défendre leur territoire convoité car idéalement placé sur la route des épices.

Au 16e siècle le royaume Makassar de Gowa, alors l’un des plus puissant de l’est indonésien, régnait sur cette partie de l’archipel dominant les autres principautés Bugis. Quand les Portugais arrivèrent dans la région vers 1540, ils tentèrent de la christianiser mais n’y parvinrent pas. Le roi de Gowa se convertit finalement à l’islam en 1605 et imposa la nouvelle religion assez rapidement malgré la résistance des principautés Bugis. Le royaume récemment islamisé vit l’arrivée de la VOC (Vereenigde Oostindische Compagnie ou Compagnie hollandaise des Indes orientales) en 1609. S’en suivirent des guerres entre les deux puissances qui ne prirent fin qu’au début du 20e siècle. Entre temps ces conflits poussèrent de nombreux marins Bugis et Makassar à fuir leur pays et à prendre la mer, constituant ainsi une nouvelle piraterie qui fut le fléau des îles jusqu’au 18e siècle. La réputation de pirates des Bugis était née.

Si les Bugis étaient de redoutables pirates, ils étaient avant tout de bons marins connus à travers les océans, traversant les mers jusqu’en Australie et en Afrique, comme nous l’avons dit plus haut, et immigraient souvent de manière définitive. Pourtant, même si par nécessité ou contrainte les Bugis ont souvent pris la mer, ils formaient à l’origine un peuple agraire. Et c’est d’ailleurs à tort qu’on attribue aux Bugis la construction et l’équipage des pinisi, ces voiliers traditionnels originaires de Bira dans la région de Bulukumba dont la population sont des Konjos, peuple différent des Bugis.

Aujourd’hui, le peuple Bugis constitue l’ethnie majoritaire de Sulawesi Sud. Bien que nombre d’entre eux vivent dans les cités portuaires de Makassar et Pare-Pare, ce sont principalement des fermiers qui cultivent le riz comme leurs ancêtres. Convertis de force à l’islam au 17e siècle, les Bugis continuent d’observer des rites appartenant à leur religion traditionnelle, rites que l’on retrouve dans La Galigo, l’épopée sacrée des Bugis (rédigée avant le Mahabharata, le grand livre indien).

Il existe des rites royaux qui ne peuvent être exécutés que par un bissu, des êtres ni homme ni femme considérés comme l’intermédiaire entre les humains et les dieux. En fait un bissu doit plutôt être considéré comme une combinaison de tous les sexes, au nombre de cinq dans la croyance traditionnelle des Bugis (féminin, gynandre, hermaphrodite, androgyne et masculin). Il existe également des rites de passage marquant les étapes de la vie et des rites de la vie quotidienne comme l’inauguration d’une maison ou d’un bateau.

Les Bugis, aujourd’hui très majoritairement musulmans, reconnaissent qu’il n’y a qu’un seul Dieu, mais bon nombre d’entre-eux croient également en toutes sortes d’esprits, gardiens des maisons et des bateaux, habitants les arbres, les pierres, les sources…
Les Bugis vénèrent notamment Sangiang Serri, la déesse du riz connue plus généralement en Indonésie sous le nom de Dewi Sri, que La Galigo dit être le premier enfant de Batara Guru, la divinité suprême.

Même si aujourd’hui la plupart des rites de la religion traditionnelle Bugis ne sont plus observés, les lieux sacrés ont gardé leur importance et des offrandes continuent à être faites aux ancêtres en un endroit réservé de la maison.

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