Spiritualité

La légende de Maya Danawa & l'origine de Bedaulu

Une légende est tirée du manuscrit Usana Bali

C’était il y a très longtemps, à l’époque où la montagne sacrée, le Gunung Agung, venait de sortir de terre. Le féroce et terrible Maya Danawa détenait le pouvoir sur le monde. Sa jalousie à l’encontre des Dieux le décida à interdire au peuple de leur présenter les offrandes. Les Dieux s’unirent alors pour combattre le démon, déclarant une guerre où beaucoup d’hommes périrent.

Finalement, Batara Indra parvint à maîtriser Maya Danawa, mais en le tuant son but était de le rendre à nouveau à la vie, en le divisant en deux entités mâle et femelle, fondant ainsi la première dynastie de Rajah. L’esprit du démon fut enfermé dans une fleur de coco, et les Dieux se réunirent sur les pentes du Gunung Agung pour le bénir. La fleur de coco donna alors naissance à deux enfants, un garçon et une fille, qui furent appelés Mesula-Mesuli.

Les jumeaux se marièrent et eurent des enfants, également jumeaux, qui continuèrent à régner sur Pedjeng. Ils se marièrent à leur tour, et eurent encore des jumeaux, et ainsi de suite jusqu’à la septième génération de Mesula-Mesuli. Le dernier mâle de cette ligné rejeta sa soeur, laide et à la peau sombre, pour épouser une jeune danseuse, brisant ainsi la descendance royale jumelle. Le dernier jumeau né possédait de puissants pouvoirs magiques : il lui était par exemple possible de se faire couper la tête par un serviteur, puis de la remettre en place, sans aucun mal. Mais un jour, le serviteur laissa la tête tomber dans une rivière. Charriée par un courant devenu subitement rapide, elle ne fut pas retrouvée. Le serviteur, désespéré, fit trancher la tête d’un porc, et la plaça sur les épaules du Rajah. A partir de ce jour, le Rajah se réfugia au sommet d’une grande tour, et interdit à ses sujets de jamais lever les yeux sur lui. Mais un jeune garçon parvint à pénétrer subrepticement dans la tour, et répandit la nouvelle du Rajah à tête de porc, qui depuis est connu sous le nom de Bedaulu, « Celui qui a changé de tête ».